Les choses ne changent pas ici. Rien de surprenant ne m'arrive, tout est planifié, prémédité. J'ai un emploi du temps pour tout : mes cours, mes heures de conduite, mes extras. Je vois telle personne, à tel endroit, à telle heure. La ponctualité est une valeur requise et très importante de nos jours, les retards sont mal perçus. On se plaint d'avoir tout, toujours pareil, toujours planifié, mais au fond, on détesterait que les choses ne soient pas comme ça. Lorsqu'on croise une personne qu'on apprécie dans la rue, alors qu'on ne s'y attendait pas, c'est agréablement surprenant. Mais lorsqu'il s'agit d'une personne pour qui on éprouve du mépris, d'un professeur dont on a manqué beaucoup de cours, d'une personne devant laquelle on a toujours éprouvé une gêne inexplicable, on aime moins. On préfère y être préparé, plutôt que de tomber dessus, comme ça. L'imprévu dérange. J'ai envie de quitter la ville, de partir à l'aventure, mais quand la chose commence à se concrétiser, je prends peur, je panique, je refuse de me retrouver seule, sans aucune attache, sans savoir où je peux aller, dans une ville qui m'est totalement inconnue. Donc je prends le plus de rendez-vous possibles, je me renseigne le plus possible, je veux, si je pars, qu'en arrivant je sache où aller, quoi faire, et comment le faire. Je veux qu'on me dise les choses, je refuse qu'on me cache quoi que ce soit. Je fais celle qui peut s'adapter à toutes les situations, qui n'a pas peur de l'imprévu, mais c'est tout le contraire. Ce qui m'arrive et qui n'est pas prévu me frustre. J'y ai eu droit des tonnes de fois cette année. Des paroles imprévues, des sentiments imprévus, des actions imprévues.
Je viens de réaliser que je n'aimais pas les surprises.
Et je me suis faite traiter de maghrébine qui renie ses origines sur youtube. Les gens qui jugent sur l'image. Allez tous vous faire foutre.